Histoire de l’insurrection de 1871 :

Réinhumation de cheikh Ahedad et cheikh Aziz.

 

                        

          Le 3 juillet 2009, L’Algérie historique vient de vivre un événement de haute portée symbolique à Seddouk Oufella , village natal et siège de la prestigieuse zaouïa Rahmania du Cheikh Mohamed Ameziane Ahedad ; un des grands pôles de la confrérie sunnite Rahmania du 19 eme siècle et chef spirituel de l’insurrection anticoloniale de 1871 , déclenchée par Hadj Mohamed Mokrani et que le Cheikh a ancré dans un véritable mouvement de résistance  populaire.

En effet, après 136 ans de son décès dans la prison coloniale de Constantine où il fut enterré, les restes de ce vénérable Cheikh algérien et ceux de son fils Cheikh Aziz, un des chefs de cette insurrection ;  viennent d’être transférés de Constantine pour être réinhumés, sous la haute autorité de la présidence de la république, dans le mausolée construit à cet effet dans l’ancestrale zaouïa fondée par Abi Ali Ahedad, homme de grande piété et ancêtre des Bel Hadad .

 

                              Né en 1790 à Seddouk , le cheikh Ahedad , dont la personnalité connaissait un grand rayonnement auprès des larges masses des « khouans » de la Tarika Rahmania , proclama le 08 Avril 1871  l’acte de « jihad » , répondant ainsi à l’appel d’El Mokrani et jugeant que les conditions étaient mures pour soulever les masses algériennes contre l’occupant français .

 

                            La Tarika Rahmania , fortement implantée dans plusieurs régions d’Algérie , fournira à l’insurrection 1871 des chefs de qualités et des troupes nombreuses de moujahidines et de moussebilines  qui ont fait vaciller le pouvoir colonial et son projet de colonisation de peuplement .

 

                          Arrêté et condamné dans un procès inique et scandaleux en 1873 , le Cheikh alors âgé de plus de 80 ans , succombera peu après dans sa prison , non sans exprimer sa dernière volonté d’être inhumé prés de sa zaouïa , dans son village natal .

Les nombreux ouvrages et « Rissalat » qu’il avait écrit, indiquent la contribution intellectuelle de Cheikh Ahedad aux sciences religieuses musulmanes et aux questions cruciales de son temps et de son pays. 

Rappelons que « la khizana » , la bibliothèque de manuscrits , rassemblés par la zaouïa de Seddouk , fut détruite , pillée et éparpillée lors de la répression  par la soldatesque coloniale , comme d’ailleurs celles de beaucoup d’algériens impliqués dans la résistance .

La famille du Cheikh et certains chercheurs et historiens, sont entrain de reconstituer la mémoire de ce patrimoine, dont quelques pièces furent exposées à cette occasion.

 

                 La cérémonie de réinhumation de cheikh Ahedad et de ses fils Aziz et Mhand (dont le corps avait disparu lors des combats), organisée sou le haut patronage de Mr le président de la république fut un moment de grande ferveur populaire .L’événement a connu la participation de milliers de citoyens venus des alentours et de toute l’Algérie.

 

                De nombreuses personnalités nationales et religieuses ont été présentes, en souvenir et en hommage à ce grand résistant.

A côté de la wilaya de Bejaia, la wilaya de Bordj Bou Arreridj fut représentée par Mr le wali accompagné par le président de l’Association El Mokrani, Si Laïd Mokrani.

Citons aussi le représentant de Mr le président de la république qui a lu le message du premier magistrat du pays à cette occasion. Parmi les présents ,  Mr Abadou le secrétaire général de l’organisation nationale des moudjahiddines , Mr Bouamarane , le président du haut conseil islamique , Si  Mamoun El Kacimi , Cheikh de la zaouia Kacimia Rahmania d’El Hamel , Si Abdelhafidh Amokrane , compagnon du colonel Amirouche et ex ministre des affaires religieuses , Si Ahmed Bel Kadi , cheikh de la zaouïa de Djemaa Saharidj , le représentant de la zaouïa Chadoulia , le président de l’association nationale des zaouïas , Cheikh Ait Aldjet , le docteur Gaher ,   Mr Abelmadjid Chikhi , directeur des archives nationales ,  les représentants des zaouïas de Tamokra et Beni Ourtilane et de nombreuses zaouïas du pays  , le général en retraite Si Hocine Ben Maalem ainsi qu’une délégation de Kalaa et de l’association « Nadi El Mokrani »  …